Sortie de messe tragique

Sortie de messe tragique, le jour de Toussaint 1764, à Villeherviers.

Le curé Normand, desservant la paroisse de Vilhervier a consigné les faits suivants dans les registres paroissiaux conservés à la mairie de Villeherviers.

 » L’an mil sept cent soixante quatre, le deux et trois novembre ont étées par moy curé soussigné, inhumées douze personnes, lesquels au sortir de la messe paroissiale le premier de ce mois heure de dix heures et demie, coururent a leur ordinaire, avec trop de précipitation dans le batteau au nombre de cinquante dont la plus grande partie fut heureusement retirée, les douze autres noyées sans pouvoir leur donner du secours, le batteau du passage étant a fond au bas du pré de la cure, celui de Batletems au dessous de moulin neuf pour les réparations. Je fus averti dans l’instant, je sorty de l’église et leur donné en général l’absolution ne pouvant mieux faire. Les dittes inhumations faites dans le cimetière de cette Eglise vis a vis la croix du cimetière en devant en présence de leurs pères et mères parens et amis, de Jacques Dabin père et fils, d’André et Jacques Villepoux, de Jean et Silvain Dupuis, de Jean Blanchard, Sylvain Chevallier, Agnant Rivé, Martin Boyleau et d’un très grand nombre d’autres qui ne sçavent signer de ce enquis. Noms et surnoms âge et demeure des dits deffunts.

S de Louis Goumin laboureur au Clos Thion âgé d’environ soixante ans. Veuf

S de François Lerasle, laboureur aux Pelleteries âgé d’environ quarante six ans époux de Marie Greneron

S de Jean Rifaud manoeuvre au Grand Tourneux, âgé d’environ trente six ans époux de Françoise Thomas

S de Marie Anne Lion femme Etienne Robin du lieu de La Gouronnerye ou village du champ âgée d’environ quarante quatre ans et grosse.

S de Pierre Claude Briant du lieu de La Griffonnerye âgé d’environ vingt deux ans a eu pour père Claude Briant et mère Marthe Bazin

S Marie Chapon épouse André Monnat Besson du Buisson âgée d’environ trente ans et grosse.

S de François Revineau âgé d’environ dix huit ans et demi

S Julien Revineau son frère âgé d’environ seize ans de la métairie de La Gouabinnière

S de Marie Revineau leur soeur âgée de quatorze ans et du même lieu, ont eu pour père François Revineau et mère Marie Mêlion.

S de Marie Tiseau domestique au lieu de Brusleteau âgée d’environ vingt deux ans a eu pour père les défunts Pierre Tiseau et mère Catherine Gallas morte femme Jaza

S de Pierre Lerasle des Pelleteries âgé d’environ quinze ans inhumé dans la même fosse que son père François Lerasle, sa mère était Marie Greneron

S de Pierre Rifaud des Tourneux inhumé dans la même fosse que son père âgé d’environ huit ans son père était Jean Rifaud la mère Françoise Thomas

Lesquels ont été inhumés par moy Normand curé de Vilhervier. »

S de Pierre Rifaud des Tourneux inhumé dans la même fosse que son père âgé d’environ huit ans son père était Jean Rifaud la mère Françoise Thomas

Lesquels ont été inhumés par moy Normand curé de Vilhervier. »

L’acte porte en mention marginale :

 » avec l’agrément de Monsieur Theau Jean Thuault de Beauchêne lieutenant civil et criminel des baillages de Romorantin et Millançay qui s’est transporté les jours et an que dessus au logis curial dite paroisse de Vilhervier, accompagné de son greffier et du substitu de Monsieur le Procureur du Roy de Romorantin pour faire les examens convenables et nécessaires au sujet « 

Cet émouvant document amène à se poser quelques questions. Pourquoi les paroissiens se sont-ils précipités si nombreux dans ce bateau à N’y avait-il alors pas de pont pour traverser la Sauldre (toutes les fermes mentionnées sont au sud de la Sauldre, rive gauche) ‘

Dans cette hypothèse, y avait-il des passeurs et à qui appartenaient les bateaux ‘

L’absence de pont pourrait expliquer l’existence de baptêmes à Selles-Saint-Denis, La Commanderie, Romorantin en cas de grandes eaux.

Pour l’instant nous n’avons pas les réponses à ces questions. Il faudrait trouver une carte des chemins desservant la paroisse de Villeherviers avant la Révolution, il semble ne pas y en avoir aux archives départementales de Blois. Un rapide coup d’oeil dans l’inventaire de la série C n’a rien donné, mais cela ne veut pas dire qu’il n’existe aucun document sur la construction du premier pont de Villeherviers. Et si ce pont avait été construit (ou reconstruit ‘) en 1775, cela expliquerait la mention marginale d’avril 1775 relevée dans les registres paroissiaux de Villeherviers :  » le neuf jay beny la croix et le pont « . Nous espérons un jour répondre à ces questions.

Hélène LECLERT