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VIVRE AUTREFOIS A VILLEHERVIERS

 

Le cercle généalogique de Loir-et-Cher a entrepris, depuis une dizaine d’années, la transcription des registres paroissiaux de Villeherviers. Ce travail est destiné bien sûr à faciliter les recherches des généalogistes mais surtout à préserver les précieux registres, souvent en mauvais état. Les transcriptions sont publiées sous forme de tables alphabétiques déposées en mairie, actuellement pour la période de 1721 à 1792.

La copie des actes de baptêmes, mariages et sépultures entre 1692 et 1792 a permis de se faire une idée de la vie quotidienne des familles. Pendant cette période, la population de Villeherviers passe de 94 à 104 feux selon les archives fiscales (le feu désignant le nombre d’habitants vivant sous le même toit, les historiens estiment qu’un feu équivaut à 4 ou 4,5 personnes). La population de la paroisse de Villeherviers (on ne parle pas encore de commune), d’environ 400 habitants en 1692, approche donc des 500 âmes en 1789.

Chaque année, le curé célèbre la bénédiction nuptiale de cinq à dix couples, rarement plus. Les mariages sont les plus nombreux en janvier et février avant le Carême, en juin et juillet avant les moissons, vendanges, labours et en novembre, entre la fin des travaux agricoles et la période de l’Avent. En effet, à cette époque, l’Eglise interdit les mariages pendant le Carême et l’Avent, sauf dispense exceptionnelle. Les époux sont pour la très grande majorité originaires de la paroisse. On ne va d’ailleurs jamais bien loin pour trouver l’âme soeur, quelquefois à La Commanderie, Langon, Saint-Genou, Loreux, Millançay, Lanthenay ou Romorantin et Pruniers, rarement à plus de dix kilomètres de son domicile.

La durée des mariages est hélas souvent très courte à cause de la grande mortalité des femmes en couches. Le veuf se remarie aussitôt, souvent avec une veuve : c’est une nécessité pour élever les enfants et faire les travaux domestiques. Il n’est donc pas rare de voir des familles recomposées, avec des enfants de plusieurs lits. Certains hommes se remarient trois ou quatre fois comme le charron Cyprien Leblanc.

A cette époque, on se marie pour procréer. Il y a en moyenne 25 à 30 naissances par an. La première naissance survient dans la première année du mariage, les conceptions prénuptiales sont peu nombreuses. Les filles-mères, souvent domestiques, sont l’exception, bien peu avouent le nom du père de l’enfant. Les femmes accouchent chez elles, parfois assistées de la sage-femme du village comme Marie Porcher. Lors d’un accouchement difficile, l’enfant en  » péril de mort  » est ondoyé à la maison puis porté à l’église pour les sacrées cérémonies du baptême. Le baptême a lieu le jour de la naissance, au plus tard le lendemain ; par tous les temps et souvent par de mauvais chemins, le bébé est toujours transporté à l’église pour y être baptisé.

Le pont de Villeherviers ayant été emporté par une crue au XVIIème siècle, en cas de  » grandes eaux « , on ne peut traverser la Sauldre sur le bac. Les familles demeurant dans les fermes de la rive gauche font baptiser leur enfant à La Commanderie ou Saint-Genou, le curé de Villeherviers transcrit alors le baptême sur son registre, c’est le cas en février 1753, décembre 1770, février 1772 ou décembre 1792 (quand la crue de la Rère empêche les habitants de Voeur de se rendre au village).

Les parrains et marraines sont choisis dans la famille : grands-parents, oncles et tantes, parfois voisins et amis. Marie Gallus, la soeur du curé Claude Gallus, détient le record : elle est trente-trois fois marraine !

Le parrain et la marraine imposent en principe le prénom de l’enfant, la plupart du temps le leur ou celui des parents. Il est fréquent de trouver plusieurs enfants du même couple portant le même prénom ! Les garçons se prénomment Pierre, Jean pour la majorité d’entre eux, viennent ensuite Sylvain, François, Etienne, Louis, André, Claude et Michel ; certains prénoms sont plus rares : Euverte, Ursin, Eusice par exemple. Le tiers des filles se prénomment Marie, puis Madeleine (ou Magdelaine), Anne, Jeanne, Catherine, Silvine, Marguerite ou Françoise ; quelques prénoms sont actuellement tombés dans l’oubli : Perpétue ou Perpette, Emerencienne ou Gentienne. Dans le dernier tiers du XVIIIème siècle, les prénoms composés sont de plus en plus fréquents, dérivés bien entendu de Jean ou de Marie

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Les naissances se succèdent avec une régularité impressionnante, chaque femme accouche en moyenne tous les deux ans, moins si l’enfant ne se fait pas vivre. Hélas, la mortalité des femmes en couches frappe cruellement les familles. Il n’est pas rare d’enterrer le bébé et sa maman le même jour, parfois la mère survit quelques jours et succombe après une longue agonie due à la fièvre puerpérale.

Les naissances de jumeaux sont plus fréquentes que maintenant, les enfants survivent rarement quelques jours, la plupart meurent dès la naissance après avoir été  » dûment ondoyés à la maison pour péril de mort « .

Au XVIIIème siècle, la mort frappe indifféremment toutes les familles. Le quart des enfants n’atteint pas l’âge d’un an. Les maladies broncho-pulmonaires d’hiver, les dysenteries d’été sont les principales causes de mortalité. Mais à cette époque, on redoute la mort soudaine qui risque de surprendre en état de pêché, c’est pourquoi les gens attachent une si grande importance aux derniers sacrements que le curé vient administrer aux malades. Les morts subites sont donc soigneusement précisées sur les registres car l’inhumation se fait sans ces derniers sacrements. La mort subite frappe à tous les âges car les malades s’alitent rarement quand ils sont jeunes : c’est le cas des cinq membres de la famille Gautyer décédés subitement en quelques jours, en février 1695, à la ferme de Champviou.

Les morts accidentelles sont principalement causées par des noyades : enfant se noyant dans la fosse, vachers tombant à la rivière ou meuniers glissant en voulant réparer la roue du moulin. Le 1er novembre 1764, à la sortie de la messe, douze paroissiens sont morts noyés quand la barque qui leur faisait traverser la Sauldre a chaviré (‘ cette époque, le pont n’est pas encore reconstruit, il ne le sera qu’en 1775).

A Villeherviers comme dans la France entière, certaines années connaissent des pics de mortalité liés à des aléas climatiques et aux crises économiques qui en découlent (mauvaise récolte, cherté des grains, disette’). L’été 1693 est particulièrement mouillé, les récoltes pourrissent ce qui entraîne une famine qui décime la population jusqu’au printemps 1694. Le grand hiver de 1709 est resté tristement célèbre, il est suivi d’une série d’étés très humides, les récoltes sont mauvaises, le seigle est ergoté ce qui provoque la mort, après d’horribles souffrances, de nombreux habitants. La canicule des étés 1718 et 1719 est responsable d’un grand nombre de morts par insolation et dysenterie, tout comme pendant l’été 1779. L’hiver 1739/1740 est très long, très rude, il dure jusqu’au mois de juin, le curé enterre 76 personnes en 1740, plus de deux fois le nombre d’une année normale, le record du siècle. L’hiver 1783/1784, aussi très rigoureux, entraîne encore son triste cortège de décès. En juillet 1785, un terrible orage de grêle détruit les récoltes et tue quantité de bêtes à laine, Villeherviers est à nouveau très éprouvée.

L’espérance de vie ne dépasse guère les 50 ans pour les hommes. Il est donc très rare de trouver des décès d’octogénaires, le record est de 88 ans pour Estienne Barbou, Jacques Auger ou Noël Leroy.

Les familles les plus aisées (gros laboureurs, meuniers) sont inhumés dans l’église ou sous les galeries du cimetière, cimetière qui se trouve alors sur l’actuelle place de l’église.

Certains curés, plus méticuleux dans la rédaction des actes, mentionnent les professions. Les laboureurs habitent les métairies et labourent avec des boeufs. Les journaliers ou manoeuvres habitent les petites locatures ou le bourg et louent leurs bras. Chaque ferme a ses domestiques : serviteurs, servantes, bergères, vachers. André Monate est dit besson ou pionnier, il habite à la Petollerye puis à la locature du Buisson, ce métier, rarement trouvé, désigne un terrassier qui travaille avec sa bêche. Les nombreux vignerons habitent tous le bourg. Dans le bourg, habitent également le maréchal (métier exercé pendant presque un siècle par la famille Auger), le charron, le cabaretier, les tisserands qu’on appelle texiers en toile, le tailleur d’habits. La culture du chanvre est très présente dans le village puisque la plupart des baux de location des fermes ou des maisons comportent une redevance en nature : du  » chanvre femelle broyé  » en plus des poulets.

A une époque où la messe dominicale est obligatoire, la vie est rythmée par la sonnerie des cloches, les sonneurs tous charrons, texiers, tailleurs ou vignerons habitent près de l’église, la plupart des actes de sépultures mentionnent leur présence.

La transcription des registres paroissiaux se poursuit. Chaque acte décrypté, quelquefois avec beaucoup de difficultés, comporte une mine de renseignements sur les familles qu’il suffit de compléter par la recherche des baux de location, des contrats de mariage ou des inventaires après décès. On partage ainsi peu à peu la dure vie quotidienne des habitants qu’on a l’impression de connaître.

Hélène Leclert, présidente de la société d’art, d’histoire et d’archéologie de la Sologne.

Sortie de messe tragique

Sortie de messe tragique, le jour de Toussaint 1764, à Villeherviers.

Le curé Normand, desservant la paroisse de Vilhervier a consigné les faits suivants dans les registres paroissiaux conservés à la mairie de Villeherviers.

 » L’an mil sept cent soixante quatre, le deux et trois novembre ont étées par moy curé soussigné, inhumées douze personnes, lesquels au sortir de la messe paroissiale le premier de ce mois heure de dix heures et demie, coururent a leur ordinaire, avec trop de précipitation dans le batteau au nombre de cinquante dont la plus grande partie fut heureusement retirée, les douze autres noyées sans pouvoir leur donner du secours, le batteau du passage étant a fond au bas du pré de la cure, celui de Batletems au dessous de moulin neuf pour les réparations. Je fus averti dans l’instant, je sorty de l’église et leur donné en général l’absolution ne pouvant mieux faire. Les dittes inhumations faites dans le cimetière de cette Eglise vis a vis la croix du cimetière en devant en présence de leurs pères et mères parens et amis, de Jacques Dabin père et fils, d’André et Jacques Villepoux, de Jean et Silvain Dupuis, de Jean Blanchard, Sylvain Chevallier, Agnant Rivé, Martin Boyleau et d’un très grand nombre d’autres qui ne sçavent signer de ce enquis. Noms et surnoms âge et demeure des dits deffunts.

S de Louis Goumin laboureur au Clos Thion âgé d’environ soixante ans. Veuf

S de François Lerasle, laboureur aux Pelleteries âgé d’environ quarante six ans époux de Marie Greneron

S de Jean Rifaud manoeuvre au Grand Tourneux, âgé d’environ trente six ans époux de Françoise Thomas

S de Marie Anne Lion femme Etienne Robin du lieu de La Gouronnerye ou village du champ âgée d’environ quarante quatre ans et grosse.

S de Pierre Claude Briant du lieu de La Griffonnerye âgé d’environ vingt deux ans a eu pour père Claude Briant et mère Marthe Bazin

S Marie Chapon épouse André Monnat Besson du Buisson âgée d’environ trente ans et grosse.

S de François Revineau âgé d’environ dix huit ans et demi

S Julien Revineau son frère âgé d’environ seize ans de la métairie de La Gouabinnière

S de Marie Revineau leur soeur âgée de quatorze ans et du même lieu, ont eu pour père François Revineau et mère Marie Mêlion.

S de Marie Tiseau domestique au lieu de Brusleteau âgée d’environ vingt deux ans a eu pour père les défunts Pierre Tiseau et mère Catherine Gallas morte femme Jaza

S de Pierre Lerasle des Pelleteries âgé d’environ quinze ans inhumé dans la même fosse que son père François Lerasle, sa mère était Marie Greneron

S de Pierre Rifaud des Tourneux inhumé dans la même fosse que son père âgé d’environ huit ans son père était Jean Rifaud la mère Françoise Thomas

Lesquels ont été inhumés par moy Normand curé de Vilhervier. »

S de Pierre Rifaud des Tourneux inhumé dans la même fosse que son père âgé d’environ huit ans son père était Jean Rifaud la mère Françoise Thomas

Lesquels ont été inhumés par moy Normand curé de Vilhervier. »

L’acte porte en mention marginale :

 » avec l’agrément de Monsieur Theau Jean Thuault de Beauchêne lieutenant civil et criminel des baillages de Romorantin et Millançay qui s’est transporté les jours et an que dessus au logis curial dite paroisse de Vilhervier, accompagné de son greffier et du substitu de Monsieur le Procureur du Roy de Romorantin pour faire les examens convenables et nécessaires au sujet « 

Cet émouvant document amène à se poser quelques questions. Pourquoi les paroissiens se sont-ils précipités si nombreux dans ce bateau à N’y avait-il alors pas de pont pour traverser la Sauldre (toutes les fermes mentionnées sont au sud de la Sauldre, rive gauche) ‘

Dans cette hypothèse, y avait-il des passeurs et à qui appartenaient les bateaux ‘

L’absence de pont pourrait expliquer l’existence de baptêmes à Selles-Saint-Denis, La Commanderie, Romorantin en cas de grandes eaux.

Pour l’instant nous n’avons pas les réponses à ces questions. Il faudrait trouver une carte des chemins desservant la paroisse de Villeherviers avant la Révolution, il semble ne pas y en avoir aux archives départementales de Blois. Un rapide coup d’oeil dans l’inventaire de la série C n’a rien donné, mais cela ne veut pas dire qu’il n’existe aucun document sur la construction du premier pont de Villeherviers. Et si ce pont avait été construit (ou reconstruit ‘) en 1775, cela expliquerait la mention marginale d’avril 1775 relevée dans les registres paroissiaux de Villeherviers :  » le neuf jay beny la croix et le pont « . Nous espérons un jour répondre à ces questions.

Hélène LECLERT

Saint-Pierre et Villeherviers

Ou l’histoire de la solidarité des Solognots face aux sinistrés de l’éruption de la montagne Pelée (1902)

 

Il fallait toute l’érudition d’Hélène Leclert, la présidente de la Société d’histoire et d’archéologie de Sologne, pour exhumer des archives locales les documents qui montrent la généreuse attitude des habitants de Villeherviers envers les sinistrés de la Martinique, lors de l’éruption du volcan de la montagne Pelée, au début du XXème siècle…

 

« Nous venons des portes de l’Enfer, vous pouvez télégraphier au monde qu’il n’y a plus une âme vivante à Saint-Pierre. » Tel est le message du capitaine Freeman lorsque son navire, le Roddam, aborde enfin, très endommagé, l’île de Sainte-Lucie, en cette fin d’après-midi du jeudi 8 mai 1902. L’officier de marine, lui-même gravement brûlé, apprend ainsi au monde entier la catastrophe survenue, le matin même, jour de l’Ascension, sur l’ile de la Martinique. Avec l’éruption volcanique, ce sont 28 000 personnes qui sont mortes ou portées disparues. Quand la nouvelle parvient en France métropolitaine (les journaux la publient à la une dès le 10 mai), l’émotion est immense et les drapeaux sont en berne (trois jours durant. Dès le 13 mai un « Comité officiel d’assistance et de secours aux victimes de la catastrophe de la Martinique » se met en place à Paris. Le ministre des Colonies en prend la présidence, qui lance une souscription nationale. De toutes parts, les secours affluent et on recueille ainsi une somme de 9 512 352 francs or. Si la générosité des Français est à la mesure de la catastrophe, il faut ajouter qu’elle concerne toutes les provinces, toutes les régions, tous les départements.

 

La générosité de Villeherviers

 

Les archives municipales de Villeherviers conservent un état nominatif des dons des habitants, augmenté du montant des sommes recueillies. C’est ainsi que l’on sait, que le montant cumulé des dons de cent onze ménages de la petite commune solognote (Villeherviers compte alors 164 ménages et 665 habitants) se chiffre à 165 francs or et trente centimes, somme non négligeable pour une commune qui n’est pas alors réputée très riche.

Faute de savoir comment s’est organisée la collecte de cette somme, on peut penser que le garde-champêtre est allé frapper à la porte de chaque foyer, allant de fermes en locatures. Chacun des donateurs est en effet inscrit en fonction de son lieu d’habitation. On peut cependant en savoir davantage quant à l’identité et à la profession des généreux contributeurs.

En effet, le recensement de population de l’année 1901 permet de retrouver le lieu de résidence et l’activité de chacun des noms portés sur la liste de souscription. Le premier d’entre eux est le premier magistrat de la commune lui-même, Benjamin Normant. Viennent ensuite les habitants des lieux-dits suivants : les Tourneux, la Planche-Thibault, la Petite Béole, le Bourg, Veures, Pont-Gitton, Trécy, etc.

 

Les tournées du garde-champêtre

 

Ce sont, semble-t-il, cinq tournées qui ont été effectuées par le garde-champêtre de Villeherviers, et ce sur une période de plusieurs jours. A l’issue de chacune d’entre elles, le fonctionnaire municipal est rentré à la mairie déposer son pécule. Le dernière tournée a sans doute été la plus longue : il a fallu visiter des domaines plus éloignés du centre-bourg et se rendre sur la rive gauche de la Sauldre : de la Souchonnerie à la Gaillardière, de la Lande à la Petite Lande, en passant par la Faisanderie…

Curieusement, certaines exploitations semblent oubliées des tournées du garde : étaient-elles trop éloignées à Y a-t-on essuyé un refus des habitants à Impossible de le savoir. Parmi les absents, les habitants des fermes de Brûleteau, de la Varenne et de la Vogue…

 

Des dons qui disent l’origine sociale

 

Le montant de chaque versement effectué par les familles sollicitées, parmi celles qui ont répondu positivement à la souscription, permet de connaître l’origine sociale des donateurs. Pas de surprise, les familles favorisées offrent les sommes les plus importantes. C’est tout d’abord le cas du maire de la commune. Monsieur Normant, qui, à l’origine de la souscription, se doit de donner l’exemple. C’est ensuite le cas de vieilles familles locales : les Cornu de La Chansonnerie, les Barluet de Beauchesne (au Domaine des Roches) ou encore Maître Thévard et Maître Glandier.

Pour le reste, on s’aperçoit après un rapide calcul que les professions les plus représentées par les bienfaiteurs de Saint-Pierre de la Martinique sont avant tout exploitants agricoles (on en recense 27). Fort logiquement, les personnes exerçant les métiers les plus modestes se sont montrées moins généreuses : domestiques, journaliers ou ouvriers, tandis que la majorité des commerçants, des propriétaires exploitants et des artisans a répondu positivement à l’appel.

A titre indicatif, la moyenne des dons versés par les habitants de Villeherviers se porte à vingt-cinq centimes, ce qui la met juste au-dessus de la moyenne nationale des dons versé par les Français : vingt-quatre centimes. Les Solognots n’ont donc pas à rougir : issus d’une terre réputée difficile, ils ont fait preuve d’une générosité non négligeable. Leur effort a contribué, comme celui de tous les autres Français sollicités, en Bourgogne, en Anjou ou en Aquitaine, à reconstruire la ville sinistrée de Saint-Pierre, pourtant bien loin de la Sologne…

 

Hélène Leclert

(Pour en savoir plus, on se reportera au bulletin de la S.A.H.A.S.,n° 148,2 trimestre 2002)

LES GRANDES EAUX DE LA SAULDRE AU XVIIIe SIÈCLE.

Les 15 et 16 mars 2001, la Sauldre est sortie de son lit. Le quartier du Bourgeau, à Romorantin, a été inondé. Une fois de plus, l’émotion a été grande. On avait un peu oublié la précédente grande crue de 1983…

Si les crues de 1910 ont été immortalisées par les photographes, nous savons peu de choses sur les crues de l’Ancien Régime. Mais elles sont malgré tout un peu connues par les annotations des curés dans les registres paroissiaux.

L’absence de pont, à Villeherviers, (voir bulletins n° 140 et 141) rendait la traversée périlleuse lors des grandes eaux. Aussi, le curé transcrivait-il les baptêmes célébrés dans les paroisses voisines, plus accessibles pour les villageois demeurant dans les fermes de la rive gauche de la Sauldre. Nous avons relevé dans les registres conservés à la Mairie de Villeherviers :

01.12.1753 : Baptême à Villefranche de Jean Blanchard, fils de Michel Blanchard et Marie Camu, demeurant au Colombier.

20.02.1753 : Baptême à Saint-Genou de Barthélémy Potier, fils de Pierre Potier et Magdelene Charas, demeurant à Voeurs.

23.01.1770 : Baptême à Saint-Genou de Marie Huet, fille d’André Huet et Marie Joanet, demeurant à Voeurs.

21.12.1770 : Baptême à Romorantin d’un enfant Habert, demeurant à la Griffonerie.

22.12.1770 : Baptême à L’Hôpital-La Commanderie d’un enfant de Pierre Vallas et Marie Huet, demeurant à Puteville.

Février 1772 : Baptême à Saint-Genou d’André Huet, fils d’André Huet et Marie Joanet, demeurant à Voeurs.

23.02.1774 : Baptême à Romorantin d’un fils Pilorget.

30.12.1792 : Silvain Maget, laboureur à la métairie du Grand Veurre, déclare la naissance de sa fille Jeanne, née du 16. Jean-François Léger, officier public (c’est l’ancien curé de Villeherviers), note les raisons de cette déclaration tardive :  » le dit Silvain Maget n’a pu faire qu’aujourdhui la présente déclaration à cause des grandes eaux de la Reyre qui empêchaient de passer « .

Ces actes précisent tous les raisons du baptême hors paroisse :  » à cause des grandes eaux ». Un dépouillement exhaustif des registres des paroisses ci-dessus mentionnées permettrait sans doute de trouver d’autres baptêmes. D’autre part, nous ne sommes pas certains que le curé transcrivait consciencieusement tous les actes. Nous nous interrogeons néanmoins sur certaines transcriptions, sans aucun motif énoncé. Tous ces baptêmes ont eu lieu à la mauvaise saison. La Sauldre était-elle alors trop haute pour la traverser sans danger ‘

> 11.03.1746 : Baptême de Jean Garnier à Saint-Genoult, fils de Jean Garnier et Marie Jupeau, demeurant à Voeurs.

> 15.01.1755 : Baptême à Romorantin de Jean Batiste Desbarres, fils de Jean Desbarres et Marie Anne Petat, demeurant à Chenon.

> 11.02.1755: Baptême à Romorantin de Marie Bazon, demeurant à la Lande du Colombier.

> 16.11.1757: Baptême à Romorantin de Jean Blaut, fils de Pierre Blaut et Catherine Gaucher, demeurant à La Souchonnerie.

> 22.02.1758 : Baptême à Romorantin de Marie Jeanne et Anne Bouquin, filles de Louis Bouquin et Marie Jeanne Mincion, demeurant à La Doubletière.

> 24.12.1769 : Baptême à L’Hôpital de Magdelene Goumin, demeurant à Closthion.

Une lettre du 28 février 1747, écrite par M. Desplasses, receveur des tailles à Romorantin mentionne :  » les grandes eaux ont emporté le pont du moulin de Longueval. Il faut le rétablir et les mêmes eaux ont dégradé la maison de Longueval et les escluses. Il y aura encor l’ beaucoup à réparer  » (Pierre Villedieu, qui nous a communiqué la photocopie de cette lettre, ne nous a pas dit où se trouve l’original).

La crue de 1770 est bien connue car les témoignages retrouvés sont nombreux.

Le curé Normand a noté sur les registres paroissiaux de Villeherviers :  » cette année [1770] le vingt six novembre la rivière a monté trois planches de la grande vigne à cause d’une pluye de trente deux heures et du débordement d’une infinité d’étangts « . De nombreux documents décrivent l’inondation à Romorantin,

Monsieur Jean Simon, membre du cercle généalogique de Touraine, nous a adressé le 28 février 1983 la copie du registre paroissial de Genouilly (département du Cher) :  » dans le mois de décembre il y a eu une inondation considérable à la suite de trois jours de pluie continuelle. Il y avait de l’eau près de deux pieds dans les maisons du bas bourg, les ponts de Romorantin ont été emportés par l’eau. Tout le Bourgeau fut endommagé, huit maisons, trois moulins renversés, il y a sept personnes de noyé (sic) et plusieurs qui sont morts pour avoir trop souffert dans l’eau et de la faim ayant été obligé (sic) de rester trois jours dans leurs greniers sans manger. L’eau était plus de trois pieds dans l’église, elle entrait par une porte et sortait par l’autre de telle force qu ‘elle a renversé tous (sic) dans l’église emporté un coffre (sic) que l’on (sic) a trouvé à deux lieux (sic) de Romorantin « .

Notre collègue Marie-Thérèse Chodet a recopié ce que le curé Veignault de Romorantin a écrit dans les registres paroissiaux :  » innondation extraordinaire du 26.11.1770 ou débordement inoui de la rivière de Sauldre. Le jeudi vingt neuf novembre a fini l’innondation estraordinaire, et qui ne s’étoit jamais vue de la rivière de cette ville commencée et venue d’un coup le lundi vingt sept sur les onze heures du soir. On peut la regarder comme une espèce de déluge. C’étoit un vrai torrent dans toutes les rues de l’Ile Marin et du Bourgeau. Il étoit si rapide entre l’église et le mur de la cure qu ‘il a accumulé devant la porte un tas surprenant de pierres, parmi lesquelles il y en a d’aussi grosses qu’un quart. Si ce mur de la cure étoit touché, il l’en est peu manqué, le presbytère et ceux qui étoient dedans, auroient péri. Il y avoit environ quatre pieds d’eau dans la place autour de la Croix et cinq au moins en certains endroits, elle étoit a proportion dans les maisons et dans l’église. Les deux ponts ont été renversés, plusieurs maisons entierement détruites, le moulin de la ville emporté, sept personnes noyées. On voit si après l’inhumation de six, le septième qui est le meunier du Moulin du Chapitre, n’est pas encore trouvé. La perte d’animaux, vins, eaux de vies, huiles, meubles et autres effets. On ignore la vraie cause de cette innondation. Il est vrai que tout le lundi il y eut une pluie très forte et continuelle ; mais elle n’étoit pas capable de causer une innondation si prompte et si grande pendant tout le temps. Le Service Divin a cessé dans l’église à cause de l’humidité, de l’ouverture des tombeaux et de la mauvaise odeur, qui pourroient occasionner des maladies populaires. Quatre chanoines qui demeurent en ville psalmodient leur office à St Martin, la messe de paroisse se dira demain, fête de St André, à l’Hotel Dieu il en sera de même dimanche. Les choses iront mal jusqu » la reconstruction des ponts, qui ne sauraient être prompte. Ce malheur concourt avec la plus triste année ou le blé a valu jusqu » 9,5 le boisseau. Il s’est tenu à l’Hotel de Ville pendant tout cet accident une assemblée de personnes en place, qui ont signalé leur zèle en procurant promptement au public les secours nécessaires en pareille circonstance. Adorons ici la volonté de Dieu « .

Nous possédons, à la Chancellerie, une copie dactylographiée du manuscrit de M. Le Conte de Bièvre, procureur du Roi au dit Comté, intitulé  » recherches historiques et critiques sur la ville et le comté de Romorantin « , manuscrit copié, corrigé et augmenté par M. Huet de Froberville en 1784. Nous lisons :  » dans la nuit du 26 au 27 novembre 1770, la rivière de Saudre est tout à coup montée de dix pieds au-dessus de son niveau ordinaire dans la ville et aux environs de Romorantin. Elle est entrée dans l’église collégiale et paroissiale à hauteur de trois pieds. Elle a soulevé les tombes qui la pavent, elle a culbuté la plupart des meubles qui s’y trouvent ; elle a pour ainsi dire submergé l’lsle Marin et le Bourgeau. Trois ou quatre maisons de ces quartiers ont été renversées, presque toutes ont été endommagées. Une grande partie des laines, des huiles, des meubles, ont été emportés par le torrent. Les moulins de la ville, autrement de la tour Jacquemard ont été détruits. Le grand pont de pierre qui communique de la ville à l’lsle Marin, et qui étoit déj’ dégradé, a été renversé en plus grande partie, et de manière qu’on ne peut plus y passer. Le petit pont qui conduit de l’lsle Marin au Bourgeau a été soulevé et détruit en retombant sur lui-même. Six ou sept personnes qui ont été surprises par l’affluence des eaux ont été noyées.

La ville proprement dite n’a rien souffert; mais les deux quartiers de l’lsle Marin et du Bourgeau et tous les environs n’offroient que des objets de ruine et de désolation.

Nous avons eu des peines infinies à procurer des secours et des vivres à tous les malheureux qui en manquoient; et dans la ville nous en manquions nous-même, par rapport à la disette des farines et à la cherté du blé. Nous avons passé trois jours à l’hôtel de ville pour y distribuer à tous les habitans, sans distinction et par rations le pain qui leur étoit nécessaire et que l’on fesoit, des provisions des boulangers et des particuliers qu’on avoit rassemblées en cet hôtel. Sans cette sage précaution, plus de la moitié des habitans auroit péri, tandis que les autres auroient été dans l’abondance.

 

Les médecins et les chirurgiens nous ayant assurés que si le peuple s’assembloit dans l’église comme à l’ordinaire, il en résulte beaucoup d’accidents pour la santé et peut-être une maladie épidémique, nous avons engagé M.M. les chanoines et le curé à n’y point célébrer le Service Divin. Les premiers ont fait leur service en la chapelle St martin, et le second à l’Hôtel Dieu, et aux autres chapelles de la ville. Ils ne sont tous revenus que pour la Pâque dans l’église collégiale et paroissiale, après qu ‘elle a été aérée, nettoyée, après qu’on y a eu fait des fumigations et qu’on a eu refermé les sépultures.

 

Un n’y a point d’exemples, ni de monuments d’une si grande inondation. Il est vrai que sur une pierre angulaire qui est au coin gauche de la rue des Jouannettes, autrefois des Fillettes, en y entrant du côté du Bourgeau, sont gravés ces mots :  » grande crue de la rivière le 22 janvier 1689 « , et que sur une autre pierre angulaire du coin gauche de la rue d’Enfer de l’lsle Marin est écrit :  » en 1649, la rivière est venue jusqu’au seuil de la porte des Cours « . Il y avoit pour lors, comme je m’en suis assuré, une porte à l’entrée de cette petite rue, et ce canton s’appelloit les Cours. Mais cette dernière fois en 1770 la rivière est montée beaucoup plus haut qu’en 1649 et en 1689. Elle est montée selon les mesures que j’en ai prises, six pieds au-dessus du sol, à ce coin de la rue des Jouannettes, et deux pieds plus haut que l’endroit ou étoit le seuil de la porte des Cours.

 

Notre grand pont de pierre, qui a été presque tout rompu, et que l’on appelloit, il y a un siècle le Pont Neuf a été construit vers Van 1450… Lorsque le pont a été ouvert de toutes parts, on a reconnu qu ‘il avoit été mal bâti dans son principe; que les seuls paremens étoient de pierres et tous les massifs de terre et de sable. On a été étonné qu’il eut subsisté si lontemps. Comme les fondements en paraissent bons, on pourroit le reconstruire dans la même place et plus solidement; mais le mauvais état des finances ne permet pas d’espérer qu’il le soit autrement qu’en bois et peut-être trop tard pour cette ville qui souffre beaucoup d’avoir par cette rupture ses communications et son commerce interrompus…

 

Quoique l’automne qui a précédé, la dernière inondation ait été fort pluvieux, et qu’il y ait plu considérablement et sans discontinuation les 25 et 26 novembre, je ne pense pas qu’elle ait eu pour cause cette seule abondance d’eau. J’ai fait des observations qui me déterminent à croire qu’il y a eu en même temps une commotion, ou plutôt une compression dans le globe terrestre depuis l’Océan jusqu » la Méditerranée, et heureusement sous une zone fort étroite. Car si ce mouvement eut passé sous la Loire et le Cher, tous les pays qu’ils arrosent auroient été détruits. Les nouvelles publiques me confirment dans cette opinion en annonçant les endroits où ce terrible débordement est arrivé presqu’au même instant. Je sentis pour lors ce mouvement intérieur qui est ordinaire en de pareilles révolutions. Je le sentis de sang froid à une maison de campagne ou j’étois retenu, et où je ne dormois pas. Je vis l’eau dans les étangs dont j’étois voisin se soulever jusques dans leur milieu, plus de dix pieds au dessus de leur niveau ; des sources jaillir où il n’y en avoit jamais eu; l’eau de plusieurs puits qui étoient sur le soir à plus de dix pieds de profondeur s’élever tout à coup et déborder; les chemins que j’avois trouvés fort mauvais le dimanche 24, couverts d’eau et de boue, étoient le mercredi 27 au matin, aussi fermes et aussi secs que dans l’été, sauf les bas fonds où les eaux s’étoient épanchées. D’autres personnes que moi ont fait les mêmes observations. Dans ce temps, la terre pleine d’eau fut comprimée et devint comme une éponge.

 

Notre malheureuse Sologne a particulièrement souffert des dommages considérables, dont elle se ressentira lontemps. Tous les ponts en sont, ou entièrement détruits, ou beaucoup endommagés. La plupart des terres emblavées et des prés ont été couverts de sable, et il n ‘est guère d’étangs dont les chaussées n’ayent été rompues; enfin on n’aperçoit de toutes parts que les traces funestes d’une inondation inouie « .

 

Une note d’Huet de Froberville donne des précisions sur la reconstruction du pont de pierre :  » Ce pont a été reconstruit en bois dans l’année 1774 (on l’avoit commencé en 1771) sur des piles en pierre nouvellement faites. Le Gouvernement a accordé une somme de 60 000 livres pour cette entreprise, et des gens de l’art ont prétendu que l’ouvrage auroit pu être plus solide et moins négligé si l’emploi de cette somme eut été plus sagement et plus fidèlement administré « .

 

Tous les témoignages concordent pour souligner la gravité de la catastrophe et son caractère exceptionnel. Mais que peut-on penser de l’interprétation de Leconte de Bièvre à Quelqu’un a-t-il lu de semblables hypothèses dans d’autres écrits du XVEIe siècle à Les recherches que nous avons faites dans quelques ouvrages sur l’histoire des catastrophes naturelles ne nous ont pas apporté de réponse.

 

D’après les registres paroissiaux de Villeherviers, nous sommes certains que la Sauldre a connu deux inondations pendant l’année 1753, deux en 1770, une en 1772, une en 1774 et enfin en 1792.. Une crue en 1746/1747 est attestée par la lettre du receveur des tailles. Nous supposons que des grandes eaux ont empêché les paroissiens de conduire leur enfant sur les fonts baptismaux de Villeherviers en 1755, 1757, 1758 et 1769. Puisse la Sauldre ne jamais se remettre en colère comme en 1770 ou 1910… Certains techniciens hydrologues nous affirment que nous sommes à l’abri de telles catastrophes, mais l’alerte a été sérieuse en ce printemps 2001.

 

Hélène Leclert

ÉGLISE SAINT-EUVERTE

ÉGLISE SAINT-EUVERTE

 

Le monument, du XIIIème siècle, présente tous les caractères des églises gothiques angevines. Il se compose de cinq travées de plan carré et se termine par un chevet plat. Chacune de ces travées est couverte d’une voûte bombée à nervures toriques. Ces voûtes sont, il est vrai, contrairement à ce qu’on rencontre habituellement dans cette école, dépourvues de liernes ; mais il n’en était pas ainsi primitivement, et la trace de ces liernes, qui traversaient les voûtes, se distingue nettement lorsqu’on regarde celles-ci sur leur face supérieure, dans le comble. Les travées sont séparées par des doubleaux en tiers-point, à section rectangulaire, qui retombent sur des piliers engagés flanqués d’une colonne et de deux colonnettes. Les chapiteaux ornés de crochets dans les dernières travées, qui remontent à la première moitié du XIIIème siècle, présentent dans les premières (abstraction faite des restaurations modernes) une décoration de feuillage un peu plus récente. Le choeur est éclairé par de hautes et étroites fenêtres en lancette ouvertes latéralement et par un triplet percé dans le chevet. Les fenêtres de la nef placées plus haut ont leur ébrasement coupé par le formeret. Une petite baie en plein cintre, au nord de la troisième travée, est peut-être un vestige d’un édifice plus ancien.

Cette travée est flanquée au sud par une chapelle contemporaine de l’édifice, couverte d’une voûte à huit nervures toriques, retombant sur de petites têtes sculptées et contrebutée par deux arcs très épais.

A l’extérieur, les murs sont couronnés d’une corniche à modillons, dont quelques-uns sont sculptés de figures d’hommes et d’animaux. L’édifice est flanqué à l’ouest d’un clocher de la fin du XIIIème ou du début du XIVème siècle, terminé par une flèche de charpente relativement moderne. Il abrite au rez-de-chaussée un porche, ouvert primitivement sur ses trois faces et couvert d’une voûte d’ogives retombant aux quatre angles sur d’élégants faisceaux de colonnettes aux chapiteaux sculptés de feuillages. Une tribune occupait jadis le premier étage.

Le comble, sauf sur la première travée, où elle a été refaite postérieurement, et sur celle du choeur, où elle a été remaniée, possède encore sa charpente d’origine.

MOBILIER.

Un bénitier sous le porche est creusé dans un chapiteau octogone du XIIIème siècle orné de crochets de feuillage. L’église possède une belle chape en soierie du XVIIIe siècle, à décor de fleurs broché sur fond vieux rose, et une petite peinture (Déposition de croix) de la même époque

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BIBLIOGRAPHIE. Marcel AUBERT, L’église de Villeherviers, dans le Bulletin paroissial de Villeherviers.

En 1963, l’abbé Rodet nous révèle dans  » l’Echo de la Sologne  » que des peintures murales étaient encore apparentes.Elles ont aujourd’hui disparu ou sont recouvertes d’un épais badigeon. Il semblerait, qu’autrefois, l’église ait été entièrement décorée de ces peintures. A l’époque elles n’étaient pas datées et leur auteur inconnu. Des modillons sont visibles sur les corniches des premières travées de la nef et les chapiteaux sont ornés de décors sculptés.

Elle a aussi l’avantage d’avoir conservé pour une grande partie sa charpente du 13ème siècle et de posséder l’un des rares clochers porches médiévaux de Loir et Cher ( comme à Saint-viatre, Châtres sur Cher ou Saint Aignan sur Cher ).

L’édifice mesure extérieurement 38 mètres de longueur pour une largeur de 8 mètres. Le clocher de 5 mètres par 5 mètres au sol atteint 32 mètres de hauteur et les murs ont une épaisseur moyenne de 0,75 mètres.

En 1824, l’église était placée au milieu du cimetière et la route de Langon contournait l’enclos.